Les prévenu.e.s

Michaël Kugler ????

Michaël Kugler

En procès :

À Strasbourg (67) – le 26/06/2019

Témoignage :

Ce qui devrait choquer, ce n’est pas que le portrait de notre président ne soit pas à sa place, bien au chaud dans la mairie, entre 4 mur . Non, ce qui devrait choquer, c’est le paysage de désolation qui l‘entoure : les forêts coupées, la terre stérilisée, et le désarroi des habitant·e·s.

Le 5 mars 2019 avec un groupe de militant·e·s écologistes, nous avons sorti le portrait d’Emmanuel Macron de la mairie de Kolbsheim pour l’emmener sur le chantier du Grand Contournement Ouest (GCO).

Le message qui nous tenait à cœur est que l’urgence climatique est réelle, visible pour qui veut sortir de son bureau et ouvrir les yeux, et qu’un changement drastique de politique est nécessaire dès maintenant. A ce message, la seule réponse des instances de la République française est la répression : gardes à vue, perquisitions, interrogations, intimidation et procès. Cette réponse affligeante met en valeur les priorités de l’Etat : la préservation des intérêts des multinationales et du système plutôt que la résolution du problème mis en lumière.

En ce qui concerne notre trio alsacien, le procureur a décidé de nous poursuivre en justice (malgré qu’il n’y ait pas de plainte de la mairie) uniquement à partir d’une photo. Or sur cette fameuse photo, ce qui devrait choquer, ce n’est pas que le portrait de notre président ne soit pas à sa place, bien au chaud dans la mairie, entre 4 murs. Non, ce qui devrait choquer, c’est le paysage de désolation qui l’entoure : les forêts coupées, la terre stérilisée, et le désarroi des habitant·e·s. Mais tout ça, le procureur, à l’instar des autres bureaucrates de l’Etat, a choisi de ne pas le voir pour se focaliser sur un portrait qui n’est pas resté à sa place. En un mot, quand le doigt montre le ciel, l’imbécile regarde le doigt.

J’ai eu, en retour à cette annonce de procès, beaucoup de soutien, et du fond du cœur merci à vous tou·te·s. Certain·e·s m’ont dit : « C’est bien, continue, on compte sur toi ! ». Je suis désolé, mais non, vous ne pouvez pas compter sur moi ! A moi seul je ne peux arrêter le GCO, infléchir les décisions de l’Etat, changer le monde. A nous tou·te·s nous le pouvons. Alors disons plutôt « Tu n’es pas seul, ensemble on y arrivera, on compte sur nous ! »

Évidemment, moi, je continuerai à dénoncer, à montrer ce qu’on ne veut pas voir, et à batailler contre les dérives de la société. Toujours pacifiquement, avec respect, en étant fiers de nos actions. Car se sont nos valeurs qui nous obligent à agir. Quelque soit le prix juridique à payer, il ne sera rien en comparaison du prix que nous payerons collectivement pour notre inaction. Que la justice des Hommes nous juge, le reste nous appartient.